MARS : un répertoire « vintage » à redécouvrir

A la fin des années 1950 et au début de la décennie suivante, un jésuite, le père Aimé Duval, a connu un immense succès populaire comme auteur-compositeur. Il chantait la vie quotidienne car, disait-il, il ne faut pas «chercher le Bon Dieu dans les nuages» : c’est là où nous sommes, c’est là où nous en sommes, que «Monsieur Jésus-Christ» (comme il l’appelait) vient nous rejoindre.

On regarde une de ses rares apparitions à la télévision où on le voit chanter l’une de ses chansons, « que tu es loin… », en s’accompagnant à la guitare :

Pour connaître un peu mieux le père Duval…

  • … j’aurais envie de faire un rapide tour de son répertoire.

Je peux écouter quelques-unes de ses chansons :
– un petit air à fredonner (« qu’est-ce que j’ai dans ma petite tête? »)
– un coup de gueule social (« il n’a pas eu, bonnes gens … »)
– un poignant colloque avec Jésus (« pourquoi viens-tu si tard ?»)
– une chanson qui reprend pas à pas l’évangile (« j’ai joué de la flûte »)
– une sorte de psaume sur le retour du Christ (« le Seigneur reviendra »)

  • … je voudrais bien en savoir un peu plus sur sa vie.

– Je peux trouver des informations sur internet, ici ou là.
– Je peux aussi lire un court extrait de son autobiographie » L’enfant qui jouait avec la lune«  dans laquelle il relit notamment le parcours qu’il a fait avec les Alcooliques Anonymes pour sortir de l’addiction dans laquelle il était tombé.

FÉVRIER : du bharatanatyam pour Kolkata

Chercher Dieu « en toutes choses » a conduit le jésuite indien George Saju à pratiquer un style de danse sacrée traditionnel en Inde, le bharatanatyam. C’est ainsi qu’il est devenu « le jésuite dansant ». Lors d’une messe célébrée en 1999 à New-Delhi par le pape Jean-Paul II , il lui a même été demandé de danser durant l’Offertoire !

On va regarder le père Saju danser le barathanatyam :

La vidéo a été prise lors de ses tournées en Europe où il vient collecter des fonds pour son travail auprès des jeunes au Bengale. Le père Saju s’y exprime en anglais …mais surtout par sa danse.

Il se peut que tout cela me paraisse quelque chose d’un peu surprenant de la part d’un jésuite ; je laisse un instant de côté ma façon de penser occidentale pour regarder la vidéo.

Pour découvrir son apostolat auprès des dalits :

Deux articles très courts, disponibles sur internet en français, montrent comment la danse indienne a pu être au coeur de cet apostolat.

Né dans une famille chrétienne du sud de l’Inde, le jeune Saju George Moolamthurutil, profondément impressionné par Mère Teresa, part pour Calcutta. C’est là qu’il devient jésuite …et danseur. En se formant à la danse classique indienne, il n’oublie pas pour autant son « désir d’être au service de la foi et de la justice ».

Dans le centre qu’il a créé près de Calcutta pour les jeunes des couches les plus défavorisées, qu’ils soient hindous ou chrétiens, le père Saju leur donne accès à une éducation qui n’est pas purement scolaire : à travers l’apprentissage du yoga et de la danse indienne, ils découvrent « qu’ils peuvent faire quelque chose et qu’ils ont de la valeur ».

 

JANVIER : des mots qui franchissent temps et frontières…


C’est du Mexique que vient le clip de ce mois-ci …même si c’est aux USA que le père Arrupe a prononcé (dans les années 1970 et en anglais) les paroles que chantent (aujourd’hui, en espagnol) quelques jeunes se préparant à entrer au noviciat jésuite.

Pedro Arrupe, basque comme Ignace de Loyola, fut supérieur général de la Compagnie de Jésus juste après le concile Vatican II, après un destin hors du commun : un temps aumônier de prison pour les hispaniques à New-York, puis maître des novices au Japon, tout près de Hiroshima quand la bombe y a explosé. C’est aussi lui qui, voyant le drame des « boat people »qui fuyaient le Vietnam, a créé le Service Jésuite des Réfugiés (le JRS) ! 

Un jour qu’il parlait aux USA devant un auditoire de jeunes, il lui fut demandé ce qui comptait le plus, en pratique. Providentiellement, quelqu’un nota sa réponse, qui est ainsi parvenue jusqu’à nous :

 » Il n’y a rien qui compte plus que de trouver Dieu, de se mettre à aimer de façon absolue et définitive… (LIRE LA SUITE)  » 

On va découvrir le chant qui a été adapté de cette réponse du P.Arrupe

Chamboulant l’ordre des phrases du père Arrupe, le chant met tout de suite l’accent sur le choix décisif que le père Arrupe invite à faire, disant que c’est cela qui va radicalement changer la vie : « Enamorate » (« mets-toi à aimer », mot à mot : « en.amour.e-toi ») et « Permanece en el amor » (« demeure dans l’Amour », cf. Jn 15, 9).

 

Pour en savoir plus sur la vie de Pedro Arrupe

DÉCEMBRE : un célèbre noël jésuite amérindien


Le plus ancien chant de noël canadien, connu sous le nom de « Huron Carol », a été écrit vers 1640 par un missionnaire jésuite français, Jean de Brébeuf, pour la petite communauté qu’il avait convertie au sein du peuple wendat (appelé « Hurons » par les français). 

C’est en wendat, langue que Jean de Brébeuf avait apprise, qu’a été directement écrit ce chant «Jesous ahatonnia» (Jésus est né), sur un air populaire français rappelant un peu les airs hurons.

On va découvrir ce noël sous la forme d’un «karaoké» bilingue :

  • On a d’abord entendu les deux premières strophes du noël de Jean de Brébeuf chantées en langue wendat. Voici la traduction littérale des paroles wendat que, veillant à n’utiliser que des concepts compréhensibles par les Hurons, Jean de Brébeuf avait écrites : « Ayez courage, vous les humains; Jésus est né… (LIRE LA SUITE) » 

Les strophes suivantes, absentes dans cette vidéo, transposaient elles aussi au contexte huron la suite du récit de la Nativité : ni étable, ni crèche mais une cabane d’écorce; pas de bergers mais des chasseurs qui entendent la bonne nouvelle, etc.

  • On a ensuite entendu (doublé en langue des signes) ces deux mêmes strophes en français, telles qu’elles ont été transcrites, exactement 150 ans plus tard, à partir des paroles wendat qui s’étaient transmises oralement chez les Hurons de génération en génération.

Ces paroles françaises sont bien différentes de la traduction littérale. Dès la fin du 18ème siècle, on ne visait plus à s’adapter à la culture wendat comme à l’époque de Jean de Brébeuf, mais bien plutôt à faire que ce soient les Hurons qui maintenant assimilent la culture catholique française. Les mots «Chrétiens», «Malin», «Anges», «étable», «bergers», etc. ont soudain fait leur apparition.

 

Pour en savoir plus sur Jean de Brébeuf…

NOVEMBRE : on chante en zoulou dans le 9-3

Dans une cité HLM de Saint-Denis (93) est implantée une communauté jésuite qui a pris le nom de «St Alberto Hurtado», en signe de son engagement dans l’apostolat social. Un jeune jésuite de cette communauté a monté, en 2016, une chorale gospel appelée «Diony’s Voice».

Une soixantaine d’étudiants et de jeunes actifs travaillent le gospel, les negro spirituals, mais aussi des chants africains, dont «Ukuthula», un chant sud-africain de l’époque de l’apartheid. Son titre veut dire « Paix » en zoulou et aussi en xhosa, la langue maternelle de Nelson Mandela.

En voici un enregistrement vidéo fait dans la cathédrale de St-Denis…

On peut juste se laisser porter par ce chant dont les paroles disent : «La paix, en ce monde de péchés… Alléluia : le sang de Jésus a répandu la paix». Après la paix, sont successivement évoqués: le salut, l’action de grâce, la foi, la victoire et le réconfort.

Ce très beau chant peut être aussi l’occasion de penser à un père jésuite, Xolile Keteyi, mort en 1994, année de l’élection de Nelson Mandela comme premier président noir d’Afrique du Sud.

Dans l’une des paroisses de Soweto, le père Keteyi avait accompagné de nombreux jeunes noirs en révolte contre l’apartheid, leur apportant son soutien au cours des bouleversements violents qui suivirent l’instauration de l’état d’urgence en 1986. Fervent disciple d’Ignace puisqu’il faisait pratiquer à ses jeunes la «prière d’alliance», il a aussi été un ardent défenseur de l’inculturation du christianisme dans le contexte africain.

Pour en savoir plus sur Diony’s Voice…

 

St Hugues de Biviers

Le centre Saint-Hugues a été créé en 1963 par la Compagnie de Jésus qui l’a animé pendant 30 ans, avant de le confier en 1994 à la Communauté de Vie Chrétienne.

La CVX s’efforce d’y répondre le plus justement possible aux besoins des hommes et des femmes de notre temps.

Elle propose à Saint-Hugues :

  • un lieu de vie où quelques laïcs et un père jésuite vivent toute l’année dans un esprit de communauté et de fraternité, et où chaque personne est accueillie là où elle en est, dans la situation qui est la sienne
  • une maison en montagne  (trois bâtiments, un grand parc arboré, des terrasses ombragées offrant un large panorama sur le massif de Belledonne) où il fait bon reprendre des forces et retrouver en Dieu un sens à sa vie
  • un lieu de ressourcement avec un accompagnement et une aide au discernement par l’écoute et les Exercices Spirituels, permettant à chacun de relire sa vie sous le regard de Dieu, pour mieux vivre son aujourd’hui et se décider en confiance pour demain.

Contacts : accueil@sainthugues.fr – 04 76 90 35 97

RCF à Lyon

RCF a été créé à Lyon en 1982, à l’initiative de l’archevêque, Mgr Decourtray, et du père E. Payen.  Radio chrétienne et œcuménique, RCF propose un programme grand public et généraliste: information, culture, spiritualité, vie quotidienne…

Forte de 600.000 auditeurs chaque jour, RCF regroupe maintenant 64 radios locales en France et en Belgique. A Lyon, 4 heures par jour, RCF bascule ainsi sur un programme de proximité, traitant de questions locales sur la métropole lyonnaise: sociales, citoyennes, culturelles, religieuses, écologiques, éthiques…

Contacts : contact.lyon@rcf.fr – 04 72 38 62 10

à ne pas oublier…

Le Sappel  &  Parole et geste
L'Arche
RCF à Lyon
St Hugues de Biviers

 

L’Arche

Créée en 1964 en France par Jean VANIER, L’Arche a pour vocation d’accompagner et d’aider à la socialisation d’adultes touchés par un handicap mental, jeunes et moins jeunes, dans le cadre d’une vie communautaire. L’Arche compte aujourd’hui près de 150 communautés réparties dans plus de 30 pays sur les 5 continents.

La communauté de Lyon a vu le jour en 1990; elle accueille près de 40 personnes adultes en situation de handicap mental au sein de ses 3 foyers de vie, d’un domicile collectif et de son centre d’accueil de jour.

A découvrir : KATIMAVIK , un café-boutique associatif et solidaire créé par L’Arche à Lyon.

Contacts : rh@larchealyon.org – 04 37 91 21 20